Alors qu’une partie des expatriés a quitté Dubaï après le début de la guerre dans la région, le site américain Business Insider publie le récit d’un parcours à rebours : celui de Renee O’Drobinak, une cadre du marketing qui a choisi de s’installer dans l’émirat avec son mari malgré les alertes de missiles et les doutes de son entourage.

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Arrivée de Londres fin mars 2026 pour prendre un poste de directrice marketing et communication dans un cabinet de conseil en construction, Renee O’Drobinak décrit une installation chaotique. “Dans les deux heures suivant notre arrivée, nous avons reçu notre première alerte de missile sur nos téléphones vers 2 ou 3 heures du matin.” Elle évoque des routes inondées, des files d’attente devant l’aéroport et quatre heures pour rejoindre leur Airbnb.

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Pourtant, le couple décide de rester. Il faut dire que certaines entreprises tentent de rassurer les expatriés au moment où d’autres hésitent à venir. Renee O’Drobinak explique que son futur employeur “a reconnu la situation mais [lui] a assuré que les autorités la géraient bien et que [sa] sécurité était une priorité”. Les ressources humaines lui ont même proposé de prendre son poste à distance depuis le Royaume-Uni dans un premier temps.

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L’écart du coût de la vie entre Londres et Dubaï est un facteur central qui explique sa décision. Après vingt-trois ans au Royaume-Uni, Renee O’Drobinak se souvient d’une vie londonienne pas toujours très confortable : un petit appartement d’une chambre dans le sud-est de Londres, des repas préparés à l’avance le dimanche, de longs trajets quotidiens. Et malgré six années de progression professionnelle, elle dit avoir eu le sentiment de “stagner financièrement”.

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À Dubaï, son salaire a augmenté de 45 %. Le couple loue désormais un appartement avec deux chambres près de Dubaï Marina et le trajet domicile-travail dure environ trente minutes. “Les gens ont tendance à quitter le bureau à 17 heures et, avec un trajet plus court, j’ai tellement plus de temps qu’avant”, raconte-t-elle.

Ce qui surprend le plus est sans aucun doute le décalage entre les tensions régionales et la normalité revendiquée par les habitants de l’émirat. “Les gens ici ont simplement continué à vivre leur vie” – une vie visiblement plus douce, en tout cas pour Renee O’Drobinak.