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Synthèse rédigée par Emilie Bourgoin pour Diploweb.com , relue et validée par M. Domenach
DEPUIS l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est fréquemment présenté par Moscou comme une menace directe et comme l’une des « causes profondes » du conflit. Ce récit est largement relayé dans les discours officiels russes et parfois repris dans le débat public occidental. Muriel Domenach propose cependant de revenir aux faits historiques et aux mécanismes institutionnels qui ont structuré l’élargissement de l’Alliance depuis la fin de la Guerre froide. Son analyse vise à clarifier deux questions centrales : l’idée d’une promesse occidentale non tenue envers la Russie et la notion selon laquelle l’OTAN constituerait une menace militaire pour Moscou.
L’élargissement de l’OTAN : une initiative des pays d’Europe centrale et orientale
L’un des éléments souvent mal compris concerne le fait générateur du processus d’élargissement. A rebours de la représentation d’une expansion décidée par les États-Unis ou les puissances occidentales, ce sont principalement les pays d’Europe centrale et orientale qui ont demandé à rejoindre l’Alliance. Ces États, marqués par leur histoire au sein du bloc soviétique et par l’expérience de la Guerre froide, considéraient l’intégration dans les institutions occidentales comme la meilleure garantie de sécurité et de stabilité. L’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne représentait pour eux le moyen de consolider leur souveraineté et d’éviter un retour dans une sphère d’influence dominée par Moscou.
L’élargissement de 1999, avec l’entrée de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque, puis celui de 2004, qui a intégré notamment les États baltes [1], la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie, s’inscrivent dans cette dynamique. Juridiquement, ces adhésions sont encadrées par l’article 10 du traité de Washington de 1949, qui prévoit que seuls des États européens peuvent demander à rejoindre l’Alliance et que leur admission doit être approuvée par consensus de l’ensemble des membres.
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