Les sénateurs américains ont accepté jeudi 14 avril de voir leurs paies suspendues en cas de paralysie budgétaire, à l’instar des fonctionnaires fédéraux touchés par ces shutdowns très impopulaires auprès de l’opinion publique aux Etats-Unis.
« En octobre, on a paralysé l’Etat pendant quarante-trois jours. C’est le plus long shutdown de l’histoire » des Etats-Unis, avait rappelé avant le vote le sénateur républicain John Kennedy, auteur de la résolution adoptée à l’unanimité. Que ce soient les agents du FBI, les « rangers » des parcs nationaux ou encore les chercheurs des agences sanitaires, et même les assistants parlementaires, « personne n’était payé » à ce moment-là, a souligné l’élu de Louisiane, qui n’a aucun lien de parenté avec l’ancien président Kennedy.
« Trois mois plus tard, on a paralysé le ministère de la sécurité intérieure pendant soixante-seize jours », a ajouté John Kennedy depuis l’hémicycle. « Nous devrions nous cacher la face dans un sac. Ça doit cesser. Paralyser l’Etat ne devrait pas être notre solution par défaut devant notre refus de résoudre nos problèmes et nos différences », a déclaré l’élu à l’adresse de ses collègues. « C’est une question de sacrifice partagé », a-t-il ajouté.
Des centaines de milliers de fonctionnaires mis au chômage technique
La mesure ne concernera que les sénateurs, et non les députés de la Chambre des représentants. Particularité des Etats-Unis, lorsque le Congrès ne parvient pas à adopter un budget avant la date limite, l’Etat fédéral entre en situation de shutdown. Des centaines de milliers de fonctionnaires sont alors mis au chômage technique, d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) continuent de travailler, mais tous doivent attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.
Pour cette raison, de nombreux fonctionnaires choisissent de se faire porter pâle, voire de démissionner plutôt que de travailler sans être rémunérés. C’est le cas notamment au sein de la TSA, l’agence chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports. Lors des premières semaines de la plus récente paralysie budgétaire, le transport aérien avait ainsi été fortement perturbé aux Etats-Unis, certains aéroports faisant état de files d’attente pouvant atteindre plusieurs heures.