Face à Lisbonne, de l’autre côté du Tage, la Margem Sul (“rive sud”) s’étend comme un territoire à part : un ancien bastion industriel, longtemps relégué, souvent caricaturé, mais ancré dans l’histoire sociale du Portugal contemporain. Cet environnement contrasté a façonné et continue d’inspirer Vhils, figure majeure de l’art urbain, invité de Courrier international pour le numéro spécial paru jeudi 7 mai.
Né en 1987 à Lisbonne, il a grandi à Pinhal de Frades, un quartier de Seixal où, durant sa jeunesse, “il y avait encore des routes de terre battue”, racontait-il dans un podcast pour Expresso, soulignant avoir hérité de la “conscience sociale” de ses parents trotskistes. Après avoir vécu au cœur de la capitale et à l’étranger, l’artiste a décidé d’installer son studio à Barreiro, une ville voisine.
Dans les années 1960, la Margem Sul était devenue un pôle industriel majeur : chantiers navals et sidérurgie à Seixal, chimie et métallurgie à Barreiro. Usines et chantiers ont attiré une main-d’œuvre nombreuse, venue notamment des pays africains lusophones – des anciennes colonies portugaises comme l’Angola, le Mozambique, le Cap-Vert ou encore la Guinée-Bissau. Mais c’est dans une banlieue en crise que l’artiste a grandi : à partir des années 1980, le mode de vie ouvrier disparaît
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Lisbonne, ses banlieues, ses rythmes africains
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