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Cyberarnaques en Asie : l’ONU alerte sur « l’ampleur spectaculaire de cette économie criminelle »

Dans un rapport, les Nations unies notent que ces activités se poursuivent malgré l’arrestation des chefs de file et évoluent grâce à l’essor de l’intelligence artificielle.

Cyberarnaques en Asie : l’ONU alerte sur « l’ampleur spectaculaire de cette économie criminelle »
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Les victimes d’arnaques en ligne en Asie de l’Est, du Sud-est, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont perdu entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars (entre 77,3 et 99,9 milliards d’euros) en 2025, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) paru mardi 21 juillet. Des pertes trois fois supérieures à celles enregistrées en 2023.

L’Asie du Sud-Est, en particulier la Birmanie et le Cambodge, est devenue le bastion régional des organisations criminelles qui emploient des arnaqueurs en ligne, certains consentants, d’autres soumis au travail forcé, pour escroquer des internautes du monde entier avec de faux stratagèmes d’investissements en cryptomonnaies ou de relations sentimentales.

Les arnaques en ligne commises dans les régions concernées auraient donc coûté gros aux victimes, selon le rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cet organe de l’ONU note que le montant total des pertes reflète « l’ampleur spectaculaire de cette économie criminelle ».

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Une activité qui se poursuit malgré des coups de filet

Sous la pression de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, les autorités dans la région affirment vouloir venir à bout de cette industrie criminelle. Plusieurs personnes soupçonnées de diriger des réseaux d’arnaques ont été extradées du Cambodge vers la Chine au cours de l’année passée, après que Washington et Londres ont imposé des sanctions à des entreprises et des individus accusés d’orchestrer des cyberarnaques de grande envergure alimentées par la traite des êtres humains.

Au cours des deux dernières années, la Chine, la Corée du Sud et Taïwan ont été les plus touchés dans la région avec des pertes de plusieurs milliards de dollars, selon le rapport de l’ONUDC. Les auteurs du rapport rapportent que ces activités se poursuivent malgré l’arrestation des chefs de file, et que d’autres passés entre les mailles du filet continuent de faire valoir leurs compétences.

« La distinction est toujours assez ténue entre victimes et ceux qui, grâce à leur présence au sein du réseau, ont acquis une expertise criminelle susceptible d’être monnayée », a déclaré Delphine Schantz, représentante régionale de l’ONUDC. « Ils retournent dans leur pays d’origine et s’intègrent à des réseaux criminels déjà existants », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse, soulignant que ce phénomène s’observait aussi bien en Afrique qu’en Europe, et notamment dans les Balkans.

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Evolutions à base d’IA

Le secteur des cyberarnaques a connu une croissance fulgurante en Asie du Sud-Est ces dernières années, les organisations criminelles ayant d’abord ciblé principalement les locuteurs chinois s’en prennent désormais à des victimes dans le monde entier. Selon l’ONUDC, elles sont de plus en plus intégrées au niveau transnational et à la pointe de la technologie.

« Nous assistons à une évolution dans laquelle des groupes qui restaient cantonnés à leur propre zone géographique et à leur spécialité criminelle opèrent désormais simultanément sur plusieurs marchés illicites », a expliqué Delphine Schantz. « Leur modèle opérationnel s’apparente à celui d’une franchise d’entreprise : imaginez des départements spécialisés dans le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains, le trafic de migrants et la collecte de données, tous reliés au même réseau interconnecté basé sur des services ».

Les outils de traduction basés sur l’IA ont facilité l’accès à de nouveaux publics, mais les recruteurs continuent de publier des annonces pour du personnel parlant l’allemand, le polonais, le néerlandais, l’espagnol, l’italien, le français, le suédois et le norvégien, ainsi que l’anglais, est-il précisé dans le rapport. Ils recrutent et font venir des escrocs du monde entier. Selon le rapport, des individus originaires de 80 pays et territoires au moins ont été identifiés dans des « centres d’arnaques » répartis dans toute la région du Mékong.

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Le Monde avec AFP

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