L’opposant russe Boris Nadejdine a été condamné, vendredi 17 juillet, à une amende pour « démonstration de symboles extrémistes », lors d’une audience marquée par l’arrivée d’ambulanciers, dans le cadre de poursuites qui ont, selon lui, pour but de l’empêcher de se présenter aux législatives de septembre.
« Le tribunal a décidé de reconnaître B. Nadejdine coupable d’une infraction administrative et de lui infliger une amende de 1 000 roubles », soit environ 11 euros, a déclaré le juge Dmitri Tchikounov, selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) présente au tribunal Dolgoproudny, dans la banlieue de Moscou.
Lors de l’audience, l’opposant de 63 ans, qui souffre notamment d’hypertension artérielle, a été victime d’un malaise. Des ambulanciers dépêchés sur place l’ont allongé sur des chaises, dans le tribunal et lui ont prodigué des soins alors que le juge s’était retiré pour prendre sa décision. Il était passible de quinze jours de détention, mais, après cette condamnation symbolique, il n’est pas exclu que d’autres poursuites soient intentées ultérieurement.
« Un Etat malade »
« On vit dans un Etat malade. Tout ce cirque a été orchestré pour m’empêcher de participer aux élections », a-t-il lancé. Une trentaine de personnes étaient venues pour le soutenir.
Depuis le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, en février 2022, la répression s’est fortement accrue et la quasi-totalité des opposants sont désormais emprisonnés, morts ou en exil.
Boris Nadejdine, député de 2000 à 2003 et candidat à l’élection présidentielle de 2024, fait partie des rares en Russie qui osent s’en prendre ouvertement au président, Vladimir Poutine, et dénoncer l’offensive en Ukraine, sans être emprisonné. Ses ennuis judiciaires ont débuté alors qu’il avait commencé à recueillir des signatures pour se présenter à la Douma, la Chambre basse du Parlement, lors des élections qui doivent avoir lieu en septembre.
Il était poursuivi pour « démonstration de symboles extrémistes », une infraction administrative, en raison de l’apparition momentanée d’une photo de l’opposant Alexeï Navalny, mort le 16 février 2024 en détention, sur sa chaîne Telegram en 2023. Le 10 juillet, Boris Nadejdine a, par ailleurs, été déclaré « agent de l’étranger », un statut qui lui interdit de se présenter à des élections.
Il avait affirmé, mercredi, que ces poursuites « ridicules » étaient liées à une hausse de sa popularité, après le lancement de sa campagne électorale.