Avec plus de 180 000 personnes vivant en Suisse, les Français sont la quatrième communauté d’expatriés du pays, sans compter les transfrontaliers. À Genève, Le Temps s’est demandé ce qui les attire tant et ce qui les surprend. “Évidemment, l’aspect pécuniaire joue un grand rôle.” Des salaires très élevés comparés à ceux de la France, une inflation maîtrisée, un marché du travail plus dynamique et une fiscalité avantageuse… Il ne faut pas chercher loin (du portefeuille) pour comprendre ce qui motive les expatriés français.
Antoine Toyon, d’abord salarié puis chef d’entreprise, salue, comme beaucoup de ses concitoyens, une ambiance “apaisée” au travail, un sens de l’écoute, un accent mis sur la formation. “Je pense que la nature à proximité participe au bien-être, tout comme les moyens dont le système dispose qui permettent notamment de financer l’éducation”, ajoute-t-il.
Outre le travail et l’argent, un nouveau facteur se dessine, plus immédiatement politique. David Talerman, spécialiste français de l’expatriation, explique :
“Certains ressentent une forte déconnexion entre la classe dirigeante française et la population. Le modèle de démocratie directe est synonyme de quelque chose de plus sain.”
Pour autant, certaines choses en Suisse peuvent dérouter les Français. Corollaires des salaires hauts, les charges fixes et les frais de garde d’enfant sont très élevés. Autre point négatif : l’égalité entre les femmes et les hommes. “J’ai eu l’impression en arrivant qu’il y avait un certain retard de mentalité sur le travail des femmes, on nous regardait de travers parce que je voulais continuer à 100 % en étant maman”, se souvient Sandra, qui vit en Suisse depuis 2008. Enfin, des remarques antifrançaises viennent parfois entacher l’expérience. “L’occasion de se rappeler, conclut le quotidien, que la Suisse, malgré ses atouts indéniables, n’est pas un îlot coupé des maux sociétaux.”
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